LA VIELLE GUERRE – Bataille du Kosovo 1389

« La bataille a duré 8 heures, une bonne journée de travail, pour quel résultat ? Je vous le dis, il n’y a plus ni Bosnie, ni Grèce, ni Serbie, ni Albanie, ni Valachie, il n’y a que des espaces. Dans leur langue officielle, c’est comme ça que les Turcs désignent le monde. Pour eux il comprend deux sortes d’espaces : les bons et les mauvais »


D’après un montage de textes d’Ismail Kadaré
Trois chants funèbres pour le Kosovo et Les légendes des Balkans
Mise en scène : Simon Pitaqaj
Montage de textes et écriture : Samuel Albaric, Simon Pitaqaj
Avec : Ibrahim Ahmadouche, Santana Susnja, Loic Monsarrat, Simon Pitaqaj, Annabelle
Hanesse

Musicien : Ali Haddar
Collaboration artistique : Cinzia Menga et Alexandra Lacroix
Voix de l’ange : Alexandra Lacroix
Costumes : Vjollca Bega
Création lumière : Flore Marvaud
Création des têtes : Cécile Favale
Création : 2014Parole Errante – Armand Gatti


Trois version d’un mythe pour comprendre le présent à travers le passé

Résumé de la pièce

La violence se transmet-elle par le sang, la terre ou les mots ? Lors d’un discours de Slobodan Miloseviç de 1989 à l’occasion des 600 ans de la défaite contre l’Empire Ottoman, une vieille bataille qui aurait eu lieu en 1389 au champ des merles dans l’actuel Kosovo ressurgit pour justifier les affrontements en cours. Une confrontation entre Orient et Occident, entre musulmans, chrétiens et orthodoxes qui serait à l’origine de toutes les autres tueries. L’horreur actuelle serait-elle une incessante ré-interprétation de ce conflit originel ? Simon Pitaqaj revisite trois versions d’une même légende, la Serbe, l’Albanaise et la Turque ainsi que le récit d’Ismaël Kadaré Trois chants funèbres pour le Kosovo pour interroger, au-delà de la guerre, les mythes et l’histoire. Il unit ces textes pour tisser le long fil du récit, seule clé de compréhension d’un réel sidérant.
L’ensemble de la pièce met en scène l’ancienne guerre, celle de 1389 et l’actuelle au Kosovo. Le 28 Juin 1389, l’armée Ottomane du puissant Sultan Mourad 1er envahit le Kosovo. Le Prince Lazar de Serbie mène une coalition balkano-chrétienne qui affronte les Turcs sur la pleine du Kosovo. Lazar et Mourad meurent au cours de ces hostilités, le camp balkanique est écrasé. Jusqu’à aujourd’hui les vaincus n’ont cessé de porter le deuil de cette défaite. De chaque côté, les rapsodes chantent les actes de bravoure des protagonistes. Mais que s’est-il réellement passé en cette chaude journée d’été ?
La première partie évoque la mort des souverains, ceux dont les actes héroïques ont été écrits. Ce sont des créatures remarquables, à la destinée exceptionnelle. Ce sont les modèles des chevaliers d’aujourd’hui, dont on continue de venter les exploits et de s’inspirer. Leur humanité n’est révélée qu’après leur mort. Parfois grotesques, parfois pertinents, ils tentent de justifier le sacrifice.
La deuxième partie concerne les vivants. Ceux qui enterrent les morts et qui existent encore. Ibrahim, petit fossoyeur turc, est un être profondément ouvert : il pratique les trois religions monothéistes à la fois. Incompréhensible pour certains. Acte de trahison pour d’autres. Sur le mode de la plaisanterie, ses collègues de cultures et d’origines différentes décident de le juger. Une scène d’hier, mais qui pourrait se jouer aujourd’hui, dans notre société. La plaisanterie est de courte durée, Ibrahim sera condamné au bûché et assassiné par ses collègues.


La mise en scène

La mise en scène puissante plonge le spectateur au cœur du champs de bataille, avant devenir un charnier dans lesquels la terre est centrale.  Elle est une matière de jeu mais symbolise aussi l’origine des conflits et des oppositions, l’élément auquel seront renvoyés les morts, le point central sur lequel le récit revient systématiquement, la matrice du récit et du réel. Les 5 acteurs sont tour à les interprètes de la légende et les protagonistes du conflit des années 90 : le sultan Mourad Ier, le prince Lazare de Serbie, Olivera et Yacoub, les enfants des ennemis qu’on aurait pu marier pour éviter la guerre, le terrifiant chevalier Kopiliq », le traître Brankoviç »… La musique est également un puissant moteur de cette création. Dès l’entrée dans le théâtre, le public est accueilli par des chants des Balkans. Tout au long du spectacle, Ali Haddar, artiste aux mille instruments venus des quatre coins du globe, accompagne les comédiens. Un rapport de l’instant et, chaque soir, une inspiration différente selon l’énergie du moment.


Regards sur la pièce

« Insérant dans l’intrigue médiévale des références à l’histoire moderne de la Yougoslavie et au rêve d’une union fraternelle qui tourna au cauchemar fratricide, Simon Pitaqaj compose un spectacle de fièvre, de sang et de boue. »
« Si la légende que racontent les trépassés fascine par sa violence, les comédiens ne se complaisent jamais dans l’horreur. La distance, l’humour, le va-et-vient chronologique rappellent constamment que la guerre est une folie, et le dialogue entre ceux qui perdent leur temps à se haïr, toujours possible. La musique d’Ali Haddar, qui accompagne le spectacle, la sincérité à la fois humble et hautaine de ces paysans devenus seigneurs théâtraux en attestent : l’art, qui la transcende, sait mieux célébrer la tragédie que l’histoire qui la répète. » Catherine Robert, La Terrasse


« Pourtant l’énergie folle qui saisit les comédiens, le désir de nous transmettre ce conflit venu d’un autre temps nous entraîne, et nous voyageons dans cet univers de rêveries et de cauchemars.
Nous comprenons que la complexité du propos vient tout simplement de la complexité de ce conflit qui n’est ici ni démêlé, ni solutionné, que « cette plaine maudite » et ravagée est le lieu-dit de l’absurdité humaine, elle-même résultant peut-être de la manière dont on raconte une histoire, dont on s’en saisit pour la faire jouer en faveur ou défaveur d’un clan. » Marion Guilloux, Le Souffleur


« Un voyage dans un rêve vaporeux et étrange, voilà une belle description du spectacle La Vieille Guerre : Bataille du Kosovo 1389. De nombreuses recherches ont été faites, des explications ont été tentées et pourtant, on en reste toujours indécis et l’on ne sait toujours pas vraiment où, comment et pourquoi tout cela a démarré. Est-ce pour la terre, la religion, une femme ? Tout ce que l’on en retient – que nous fait vivre magistralement la troupe de Liria Théâtre à travers cette pièce – c’est que les querelles d’antan ne sont pas près de s’arrêter… »  Cyriel Tardivel, Théâtrothèque



La Vieille Guerre – Bataille du Kosovo 1389 (première version)

La Vieille Guerre – Bataille du Kosovo 1389 (deuxième version)


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