NOUS, LES PETITS-ENFANTS DE TITO

« Mon verbe est celui d’un étranger qui tente de franchir une frontière, celle des apparences. »


Mise en scène et avec : Simon Pitaqaj
Collaboration artistique : Samuel Albaric et Cinzia Menga
Création sonore : Cyrille Métivier
Création lumière : Franz Laimé et Flore Marvaud
Création 2017


Soliloque initiatique en trois voyages et cinq tableaux ou Autobiographie-fiction en trois voyages et cinq tableaux

Résumé de la pièce 

D’un Kosovo assiégé à la périphérie parisienne, du cœur des Balkans à la marge… Nous, enfants de Tito retrace via un soliloque magistralement mis en scène un périple intime et singulier. C’est celui de l’exil d’un adolescent, de ses montagnes balkaniques vers sa vie d’adulte en HLM en Seine Saint Denis, puis vers de nouveau aux sommets, ceux d’une station de ski et d’un voyage initiatique à la fin tragique.

1er tableau : Simon nous embarque dans son histoire, celle du jeune adolescent qui rêve d’aller à Paris, de quitter son village, son Kosovo natal. Il aspire à un monde meilleur. Il nous plonge au cœur de son univers baigné par les légendes des Balkans. Il raconte son identité, sa différence dans la plaine de Saint-Denis.
2e tableau. Flash back sur l’enfance où il est question de la promesse, de « besa » la parole donnée. Simon retrace sa traversée de l’Europe de Pristina jusqu’à Saint-Denis en passant par Belgrade.
3e tableau. Il s’ouvre sur un fond de rap. Une nouvelle légende un des mythes fondateurs le sacrifice du pont qui engendre une malédiction « Que tremble ce pont comme je tremble en ce mur ». Le sang, la boue, la guerre de merde, la guerre entre deux frères.
4e tableau. Le départ au ski à Val Thorens. Retour à la fumée, à la brume. Simon est coincé, piégé. « J’aime pas quand tout va bien. J’ai peur qu’il arrive quelque chose. »
5e tableau. La vision du grand père, le partisan qui lui offre son étoile. Les deux destins croisés, , les histoires qui semblent être les mêmes et qui peuvent pourtant être si différentes. Comme une litanie et comme un refrain, Simon repasse en boucle la scène du drame comme pour exorciser la malédiction.
Anouk Lederle

Cette histoire, c’est celle de l’acteur, auteur et metteur en scène de Nous, enfants de Tito, Simon Pitaqaj. C’est la rencontre des personnages des contes qui ont peuplé son enfance – les pachas Turcs, les fantômes de chevaliers sans tête, les duels entre frères ennemis, les devins prophétisant des commandements confus – et les récits urbains de match de foot perdus, de cours de techno bordéliques, de kebabs avariés, de vacances au ski aux fins tragiques. C’est un récit de théâtre, c’est une autobiographie, c’est une fiction. Ce verbe est celui d’un étranger qui tente de franchir une frontière, celle des apparences.


Mise en scène

Autofiction et soliloque à l’humour décapant, ce spectacle met en scène les légendes personnelles et historiques d’un Albanais immigré en France qui se raconte pour mieux se construire. Le voyage de cet adolescent habité par des fantômes légendaires commence dans son petit village au Kosovo, puis dans la capitale de l’ancienne Yougoslavie, Belgrade, jusqu’à son arrivée à Paris/Seine Saint-Denis. Arrive alors le deuxième voyage, celui que Simon Pitaqaj appelle « initiatique »: celui des vacances au ski avec ses nouveaux amis, à Val-Thorens. Pendant ce séjour, il va découvrir un monde qui lui est hostile, chaleureux, beau, laid en même temps. Il va surtout aller à la rencontre de lui-même et devenir un homme.
Ces endroits seront marqués à travers le verbe et la lumière, la fumée et le son, le travail du corps et sa chorégraphie. Les lumières de Franz Laimé et la création sonore de Cyrille Métivier plantent le décor dans lequel se croisent de nombreux comparses imaginaires. La fumée représentera à la fois la brume villageoise des plaines kosovares, l’atmosphère grisâtre de Paris et ses banlieues du 9-3, le brouillard et la neige montagnarde des cimes des Alpes. Arrivera ensuite le chaos dans lequel le personnage se retrouvera, à la frontière entre réalité/rêve, autobiographie/fiction, dans un non-lieu entre la vie et la mort. Le désir de se battre pour la vie, même s’il doit se battre dans le vide, même s’il doit se battre jusqu’à l’épuisement.


Regards sur la pièce

 « Oscillant perpétuellement entre conte et récit de vie, Simon Pitaqaj réussit à mêler l’appel de l’ailleurs à la prison de la ville lumière et ses barres d’immeubles de banlieue. Là où la jeunesse se méprise et refuse de croire en l’avenir. Lui il est l’image floue d’une jeunesse en fuite. […] La force du texte de Simon Pitaqaj tient à sa forme brute et sans pathos. Un soliloque à bout de souffle, pour ne rien oublier. Il vient ici pour nous raconter une histoire, et nous repartirons avec ou pas, mais il a des choses à nous dire. C’est aujourd’hui à nous, lecteurs et spectateurs de savoir les décrypter. » Marion Guilloux Journaliste du blog Le Souffleur


« Avis aux amateurs de solutions faciles et aux aveugles méprisants qui préfèrent demeurer à l’abri des effluves de la zone : le spectacle écrit et magistralement interprété par Simon Pitaqaj est une des meilleures analyses politiques du moment. Sans pathos, sans appel à la pitié, sans vulgarité lacrymale, sans indécence et sans compromis, l’homme de théâtre dit ce qu’il sait. Il offre l’occasion d’une salvatrice et lucide leçon d’histoire contemporaine à tous ceux qui préfèrent l’ignorance ou le fantasme. » Catherine Robert


« Raconter sa propre histoire, c’est aussi raconter celle de l’ex-Yougoslavie, évoquer les vivants et les morts, l’onde de choc de cette guerre fratricide. Il le fait à voix nue, sans apitoiement, avec tendresse et dérision, seul sur le plateau habillé seulement par la lumière et la musique. Il est lui-même et tous les personnages de son enfance. Voix unique et voix multiples. Ecouter son histoire c’est aussi entendre celle de tous ces frères humains exilés et anonymes que nous croisons tous les jours. » Marina Da Silva, L’Humanité 


« C’est une histoire de migration, de déplacement, de décalage, dont le moindre ne sera pas le séjour aux sports d’hiver inventé par ces gosses de banlieue, dont l’issue sera dramatique. C’est ferme, c’est intense. » Jean-Baptiste Evette

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